Il faut absolument que je te raconte cette anecdote.

Juillet 2026, Eurockéennes, avec ma fille. Sur le papier : Cathy, 45 ans, maman de trois enfants dont un p’tit dernier de 9 mois. Dans les faits : 9 mois d’abstinence à l’alcool + 9 mois supplémentaires de consommation plus que raisonnable + une pinte de Despé = adulescente de 25 ans, prête à en découdre.
La tête d’affiche : The Offspring.
Le show démarre. Je kiffe. Je surkiffe.
Ils balancent leur plus gros hit et là, c’est officiel : j’ai 25 ans, je suis on fire, et ma fille n’est plus ma fille — c’est ma pote de concert.
Je crie. Je scande. Je vis ma meilleure vie.

Et vient CE moment. Celui où, en bonne fan qui se respecte, je mets les doigts dans la bouche pour siffler à crever les tympans de mes voisins.
C’est là que la réalité a checké mes papiers.
45 ans, trois accouchements, un périnée en Rtt
Parce que oui. Dans ma tête, 25 ans. Mais mon périnée, lui, avait les vrais chiffres : 45 ans, trois accouchements, et un programme d’exercices abandonné quelque part entre la reprise du boulot et la tétée de 3 h du matin.
Résultat : contraction d’abdos en mode urgence absolue, technique du pont-levis, et une pensée très, très intense pour ma sage-femme. Celle qui me répète depuis des mois : « Continuez les exercices, Cathy. »
Vous aviez raison. Sur toute la ligne. 😭
Le corps, ce collègue relou qui a toujours raison
Voilà le truc. Mon cerveau me racontait une belle histoire : « T’as 25 ans, t’es invincible, vas-y siffle. »
Mon corps a répondu : « Alors non. »
Et franchement ? Il fait ça tout le temps, le corps. Pas seulement en festival.
Il fait ça quand tu enchaînes les semaines en pilote automatique et qu’un matin, impossible de sortir du lit. Quand tu dis oui à tout le monde et que ton estomac se noue. Quand tu « gères très bien, merci » et que tu dors comme une brindille dans une tempête.
Le cerveau raconte des histoires. Le corps tient la comptabilité. Et un jour, il présente la facture — en général au pire moment, parce qu’il a le sens du timing, ce traître.
C’est un peu mon quotidien au cabinet, d’ailleurs. Les gens arrivent en me disant « je gère ». Leur corps est venu dire le contraire : fatigue qui colle, tensions, nuits en pointillé. Mon boulot, ce n’est pas de les pousser à changer. C’est de leur offrir un espace où le cerveau et le corps arrêtent enfin de se faire la guerre.
Ici, on n’est pas poussé. On est accueilli.
Moralité
J’ai 25 ans dans ma tête. Mon corps se charge du rappel à l’ordre.
Alors promis : je reprends l’entraînement dès aujourd’hui. Le périnée ET le reste. Parce qu’entre nous, les moments où on redevient soi — où on hurle du punk rock avec sa fille devenue sa pote — ça se mérite, ça s’entretient, et surtout : ça ne devrait pas arriver une fois tous les cinq ans.
Et toi ? C’est quoi, la dernière fois que ton corps t’a rappelé(e) à l’ordre ?
(Et si la réponse est « tous les jours en ce moment »… tu sais où me trouver. Pas de miracle, pas de magie, pas de fausses promesses — juste un espace pour souffler.)

